Une cérémonie laïque

Le samedi, j’apprends la mort de mon père.

Le dimanche, je trouve un avion pour Bastia.

Le lundi, je vois l’employé des pompes funèbres dépêché par notre assurance à la Brasserie de l’hôpital, avec mon frère Pascal.

Nous expliquons que nous voulons organiser la crémation en prenant plus de temps que l’heure allouée par défaut pour ce genre de cérémonie (oui, dans la famille, on est comme ça, on n’aime pas faire comme les autres !). Une heure, c’est trop court, nous demandons deux heures, pendant lesquelles nous voulons être aussi libres que possible pour l’organisation.

Notre interlocuteur hoche la tête, compréhensif.

— En fait, lui dit-on, nous voulons organiser une cérémonie laïque.
— Hum… une cérémonie laïque…
— Voilà !
Il prend notre dossier et se met à écrire et nous demande :
— Comment ça s’écrit, laïque ?

Mon père Yves avec ma fille Esther

Plus tard, notre croque-mort qui nous aura offert par inadvertance un des sourires de la journée (si précieux en ces circonstances) nous expliquera qu’en Corse (où il n’y a pas de crématorium), il n’y a que des cérémonies religieuses qui durent des heures où tout le monde s’habille en noir…

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