Quinté +

Je ne pensais pas que j’allais le regarder, ce débat, parce que je n’attends pas grand chose de la télévision et ne lui accorde guère de crédit pour aider chacun à construire une pensée politique.

Mais bon, ma femme était sortie faire la nouba avec une copine alors je me suis mis devant France 2 pour le premier débat des Primaires.

Quelques impressions en vrac.

T’as le look, coco socialo !

  • La chemise de Jean-Michel Baylet, c’est vraiment pas possible.
    Promesse électorale : « Si je suis élu président, j’interdirai les chemises rayées à col uni. »
  • La coiffure d’Arnaud Montebourg, c’est pas terrible non plus.
  • Le maquillage de Martine Aubry, c’est limite-limite.

Quinté élégance :

  1. Ségolène Royal (elle a pris un petit coup de vieux depuis la dernière élection)
  2. Manuel Valls (costume un peu strict mais élégant)
  3. François Hollande (sobre (même si j’ai toujours un peu de mal avec son nouveau look svelte !))
  4. Martine Aubry (tailleur assez original, mais plombé par le maquillage et la rude concurrence de l’autre candidate)
  5. Arnaud Montebourg (qui a quand même renoncé au velours côtelé)
  6. Jean-Michel Baylet (chemise rayée à col uni m’a tuer)

 

La dépénalisation/légalisation du cannabis

Je n’ai pas d’avis très tranché sur le sujet mais j’écoute avec attention les propositions de dépénalisation. Les propos relativement récents de Daniel Vaillant, qui connaît le sujet, sur le sujet m’avaient semblé d’ailleurs assez pertinents. J’ai tendance à penser que la situation actuelle n’est pas bonne, qu’il y a un grand écart entre la législation qui ne fait pas de différence entre les drogues douces (cannabis) et les drogues dures et la pratique. Je ne pense pas que le cannabis soit tellement plus mauvais que le tabac (et d’ailleurs je compte convaincre mes filles de se tenir à l’écart des deux). Moi même, je ne fume rien (mais je bois de l’alcool – faut bien un vice, non ?) et j’ai dans mon entourage des fumeurs de tabac et des fumeurs de haschich, parmi eux ceux qui se tuent à cloper ou se déglinguent à haute dose de fumette sont l’exception plus que le cas général.
Un point sur la position de Baylet, Je n’arrive pas très bien à comprendre comment, en vendant le cannabis en pharmacie, on éviterait les circuits parallèles et toute la délinquance associée.

 

La musique de l’émission

Elle commence très anxiogène, et après quelques notes s’envole comme une comédie à la Benny Hill avant de traîner assez mollement comme un générique de jeu vidéo.
BOF !
Je crois que je suis nostalgique de la musique jamesbondesque de L’Heure de Vérité.

 

Le match dans le match

Au delà du match entre les 6 candidats se jouait évidemment le duel entre les deux favoris de cette primaire, François Hollande et Martine Aubry. La première à tacler (comme aiment dire les journalistes, mais je ne vais pas me priver (regarder la télé ne me réussit pas)), c’était Martine Aubry sur le pacte social proposé par Hollande (un jeune+un vieux en entreprise = pas de charges sociales) auquel « elle ne croit pas ». Y en a eu un deuxième que j’ai oublié. Et puis après François Hollande a interpelé Aubry sur le nucléaire et elle a répondu avec énergie (!) (mais elle a grillé tout son temps de parole).
Aubry : vainqueur aux points !

 

Rigolo

Je suis en train de regarder un débat sur France 5 qui parle du débat avant qu’il ait lieu, et c’est drôle de voir tous ce que les éminents politologues prévoient … qui n’a pas eu lieu (en particulier la posture qu’aurait pu/du prendre Ségolène Royal).

C’est bien beau tout ça mais au finale ?!

Alors, c’est qui qui a été le meilleur, sur ce débat ? J’imagine que tous les avis ne seront pas unanimes. Voici mon Quinté +

  1. Martine Aubry. Elle a pour moi été quasi parfaite : punchy, crédible, à l’aise, combattante. C’était ma chouchoute, elle a été à la hauteur des espoirs que j’avais mis en elle.
  2. Manuel Valls. Je dois avouer qu’il m’a (agréablement) surpris. Valls a tendance à régulièrement m’agacer (pour ne pas dire plus) avec certaines de ces positions dans lesquelles je ne me retrouve pas, je l’ai trouvé percutant, ferme dans son discours contre la droite, ferme sur ses points de différentiation avec les autres candidats et notamment Arnaud Montebourg (qui représenterait l’aile la plus à gauche du PS, Valls incarnant l’aile la plus à droite).
  3. François Hollande. Parole politique claire et positive. Comme je l’avais vu à Colombes, je l’ai fatalement entendu répéter des trucs. Pas forcément très à l’aise sur le sujet de son bilan d’élu (il a joué la carte « bras droit de Jospin »), c’est le seul à avoir réussi à faire rire le public (pas de bol, c’était à un moment où je n’écoutais pas trop). J’aime bien l’idée qu’un président de la république ait de l’humour (Sarkozy me fait autant rigoler que Bigard, par exemple).
  4. Ségolène Royal. Début laborieux au diesel, elle est la seule à lire ostensiblement ses notes lors de la minute de présentation, et l’impact s’en ressent. Beaucoup plus à l’aise ensuite, avec son bilan, mais un goût de déjà vu dans son discours, rabâchage 2007. J’imaginais qu’elle serait plus combative. Elle a dû se faire taper sur les doigts suite à ses déclarations malheureuse, du coup elle a présenté un côté beaucoup trop lisse.
  5. Arnaud Montebourg. On sentait qu’il n’y croyait pas trop, il en a profité pour faire la promo de son utopie politique. Arnaud, je suis pour un changement de constitution et une sixième république ! Mais je voudrais aussi que la gauche remporte les élections sur un programme réaliste. Être élus, et surtout être réélus.
  6. Jean-Michel Baylet : il avait un énorme challenge : exister. Mais il a démarré en critiquant fort le programme PS et il a conclu en disant « c’est normal qu’on n’ait que peu de différences » (pas du tout verbatim, mais c’était l’esprit). J’aurais bien aimé une présentation plus claire de ce qu’il partage avec le PS et ce qui le différencie, je ne sors guère plus avancé. Et puis cette chemise, Jean-Michel, il faudrait un geste RA-DI-CAL (de gauche) : à la poubelle (ça serait quand même salaud de la refiler aux pauvres).

Bon ! En conclusion : quelle que soit votre opinion à vous, peuple de gauche (oui, même toi Maman !), les 9 et 16 octobre, allez voter pour votre candidat de cœur et n’écoutez pas les sondages (qui ont déjà propulsé à l’Élysée Jacques Delors en 1995, Ségolène Royal en 2007 et Dominique Strauss-Kahn en 2012).

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